"(...)C’est dans cette
tension maintenue entre les deux éthiques, celle du sujet et celle de la société, que travail social peut se frayer un chemin. En maintenant vive la tension entre sujet et société, l’éthique
empêche le laminage des citoyens par le discours de la science qui vise une dévalorisation de la parole et de la subjectivité, mais elle retient aussi de basculer dans les extrêmes, qui verrait la
victoire d’une éthique sur l’autre. (...)Le sujet n’existe pas sans le corps social et le terreau culturel où il se produit ; mais une société ne saurait se maintenir vivante sans la prise en
compte de la singularité des sujets qui la composent. (...). C’est tout à l’honneur des travailleurs sociaux que d’œuvrer à cette confrontation dans l’accompagnement d’une personne, à condition que
l’action soit éclairée d’un questionnement éthique qui est sans fin. (...)Au bout du compte l’éthique, comme on a pu le voir chez Socrate, relève d’une position subjective, mais ne trouve son plein
accomplissement que dans le retour qu’elle produit dans la communauté des hommes. En cela les travailleurs sociaux sont entièrement responsables de ce qu’ils produisent. Ils ne sauraient s’abriter
derrière une prétendue commande sociale qui les lierait pieds et poings à une injonction de normalisation, ils ont à répondre, quels que soient les textes qui balisent leur action, de la façon dont
ils les mettent en œuvre. "Joseph
ROUZEL
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tension maintenue entre les deux éthiques, celle du sujet et celle de la société, que travai ...
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